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La Chine, un marché à conquérir

Ces synthèses documentaires ne peuvent pas être confondues avec des positions officielles de l'administration.
Pour toute remarque, vous pouvez nous contacter à l'adresse suivante : cedef@finances.gouv.fr

Introduction

Premier pays d'accueil des investissements internationaux à l'étranger, la Chine constitue désormais un marché incontournable sur lequel la France demeure discrète. Le pays pourtant se normalise et les relations commerciales y sont plus aisées, malgré la concurrence internationale qui s'y joue localement. Pour encourager les entreprises françaises, notamment les PME, à se tourner vers la Chine et à tirer partie de sa croissance, les pouvoirs publics ont mis en oeuvre une politique incitative. L'objectif majeur est d'informer les entrepreneurs sur le pays et les opportunités commerciales qu'il offre et de mettre en place un réseau d'accompagnement pour les candidats à l'exportation ou à l'implantation.


La montée en puissance de l'économie chinoise

Les réformes économiques engagées en Chine depuis 1979 et la mise en place d'une économie sociale de marché génèrent aujourd'hui un rythme de croissance record dans le pays. La croissance chinoise a été en moyenne de 10% par an durant la décennie précédente. Son PIB la place au 4ème rang mondial en 2005 et le niveau de croissance annuelle prévu par les autorités jusqu’en 2020 est au minimum de 7,5%. La Chine est désormais le premier producteur mondial dans de nombreux secteurs et sa place dans les échanges extérieurs ne cesse de croître (+35,7% en 2004).
Le commerce extérieur chinois se caractérise par la progression des importations de biens d’équipement et de ressources énergétiques et des exportations massives de produits manufacturés. L’accès de la Chine au marché international des produits textiles, suite à son adhésion à l’OMC, a entraîné une forte augmentation des exportations textiles de la Chine sur les marchés occidentaux, dès 2001. Depuis le 1er janvier 2005, la levée des quotas qui régissaient les importations européennes de l'habillement a encore élargi ses parts de marché.
Par ailleurs, la proportion des industries mécaniques-électriques et électroniques dans les exportations chinoises progressent également rapidement. Cette situation inquiète donc, non seulement les pays en développement avec lesquels elle se trouve en concurrence directe sur les marchés des industries traditionnelles, mais aussi de plus en plus les pays développés. Enfin, les biens de consommation restent encore marginaux dans les importations chinoises et le rééquilibrage de la croissance chinoise, centrée davantage sur la consommation intérieure, serait favorable aux entreprises européennes.


La France en retrait dans les échanges avec la Chine

Bien que l'ensemble des échanges commerciaux entre la France et la Chine ait progressé de 22% en 2005, les performances françaises sur le marché chinois sont restées modestes (1,37% de part de marché). La France n'est que le seizième fournisseur mondial du pays et le déficit bilatéral avec la Chine se creuse. Les exportations françaises (+10 %) demeurent en retrait par rapport à la progression des importations chinoises (+26 %) et résultent majoritairement de grands contrats (produits agricoles, aéronautiques). Elles se composent principalement de biens d'équipement et de biens intermédiaires, la part des biens de consommation étant plus modeste. La faible présence française sur ce marché s'explique en partie par la spécialisation sectorielle de l'offre industrielle relativement défavorable (insuffisance de biens d'équipement).
Par ailleurs, la supression des quotas textiles a augmenté de 50% les importations textiles en provenance de Chine. Malgré tout, l'impact macroéconomique de l'abolition des quotas en France a été marginal, puisque les importations n'ont pas augmenté en volume. En revanche, la provenance des importations de produits textiles a évolué au profit de la Chine et au détriment des pays du Maghreb ou d'Asie du Sud-Est (hors Chine). La levée des quotas s'est également traduite par une baisse significative des prix soumettant certaines entreprises françaises à une concurrence accrue. Enfin, le rétablissement des quotas, le 10 juin 2005, a permis de retrouver la situation de fin 2004 en ce qui concerne les échanges de textiles avec la Chine.


Une destination marginale des investissements français

Avec un total de plus de 6 milliards de dollars investis, la France occupe le dixième rang mondial des pays investissant en Chine. Mais le marché chinois ne constitue que la 26ème cible des investissements français à l'étranger. Pour autant, la présence française est en progression (multipliée par quatre depuis 1994) et plus de 600 entreprises françaises ont investi en Chine sur plus de 1.000 implantations, celles-ci se situant majoritairement dans les régions de Shanghai et de Canton.
Ces investissements sont surtout le fait de grands groupes développant leurs activités en Chine et couvrent particulièrement les secteurs de l'eau, gaz, électricité, de la distribution, de la finance et de l'automobile.


Un marché à investir

Le marché chinois constitue un réservoir d’opportunités considérables pour les investisseurs et les exportateurs étrangers. Mais l'évocation de l'expansion chinoise inquiète plus qu'elle ne suscite l'engouement des entreprises en terme de débouché à l’exportation. Beaucoup de grands groupes industriels sont présents en Chine, mais les PME demeurent craintives face aux perspectives que recèle le marché chinois. Outre la crainte d’un afflux massif de produits chinois sur les marchés occidentaux, elles craignent également les transferts de technologies qui conditionnent généralement les implantations d’entreprises étrangères sur le territoire chinois. Par ailleurs, les particularités liées à la langue, la culture et à la réglementation constituent des difficultés supplémentaires. Pourtant, les droits de douane chinois ont continué à baisser, le pouvoir d'achat des chinois et la demande en biens de consommation progressent. L'offre économique française va devenir de plus en plus intéressante pour les Chinois au fur et à mesure qu'ils vont développer leurs services et que leur consommation va se diversifier. Par ailleurs, le développement industriel chinois nécessite la mise à niveau des infrastructures (transport, énergie, environnement), marché sur lequel la France peut se positionner. Enfin, les implantations industrielles sur le territoire chinois constituent un point d'entrée pour investir le marché local et tirer partie de la croissance.


Des actions gouvernementales incitatives

Dans le cadre de la réorientation de la présence française vers des zones en forte croissance dont la Chine fait partie, diverses initiatives gouvernementales ont été engagées pour inciter les entrepreneurs français, spécialement les PME, à se lancer sur le marché chinois.
Dès 2003, sous l’égide du Ministre délégué au Commerce Extérieur, les marchés à fort potentiel de croissance, où les importations augmentent fortement, ont fait l'objet de plans d'action commerciale à l'exportation.
La Chine figure parmi les 25 pays cibles retenus.
Le plan d'action Chine 2003-2005 a été adopté le 24 septembre 2003 à Paris, lors de la Conférence de l'exportation et s'articule autour de six actions :
- renforcer l'information des entreprises
- promouvoir les participations aux salons
- développer les missions collectives par tous les partenaires
- rechercher et diffuser les opportunités d'affaires
- développer des initiatives spécifiques en faveur des PME
- renforcer la formation des ressources humaines

L' objectif de ce dispositif est d'augmenter le nombre d'entreprises françaises présentes sur ce marché et d'y développer le commerce courant car les exportations françaises restent trop dépendantes des grands contrats. Il prévoit notamment d'amener 1.000 nouvelles PME sur le marché chinois en 2005. Enfin, cette politique incitative doit aujourd'hui se renforcer pour cinq pays dont la Chine fait partie.


 

Réalisé le 26/08/2005 - Mis à jour le 31/08/2006

Liste des annexes