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Ces synthèses documentaires ne peuvent pas être confondues
avec des positions officielles de l'administration.
Pour toute remarque, vous pouvez nous contacter à l'adresse suivante
: cedef@finances.gouv.fr
Un récent rapport du Conseil d’analyse économique (Une stratégie PME pour la France) a mis en évidence le déficit en France d’entreprises de taille moyenne. Ces entreprises génèrent pourtant plus de la moitié de la valeur ajoutée produite en France et emploient 60% des salariés. Leur développement est donc capital pour assurer les exportations, les innovations et les emplois de demain. Or, l’environnement réglementaire français et les conditions de rendement et de risque ne semblent propices, ni à leur émergence, ni à leur développement. C'est pourquoi les PME font l'objet d'une mobilisation particulière en faveur de leur développement, au niveau national mais aussi communautaire.
Cette politique, initiée notamment par le vote de la loi pour l’initiative économique du 1er août 2003, a permis dans un premier temps d’accompagner et de stimuler les créations d’entreprises. Par la suite, la loi de sauvegarde des entreprises du 26 juillet 2005 et la loi en faveur des petites et moyennes entreprises du 2 août 2005 ont apporté de nouvelles garanties aux créateurs et aux entrepreneurs. Pour assurer la pérennité de leur activité, différentes mesures ont été mises en oeuvre. Elles concernent la prévention des difficultés, la formation des créateurs, la réforme des procédures collectives et le statut du conjoint du chef d’entreprise. Enfin, des mesures fiscales adoptées en 2003 et 2005 ont permis de réduire le coût de la transmission d’entreprise. Ceci, en prévision du départ à la retraite de 700.000 chefs d’entreprises sur les dix prochaines années.
Aujourd'hui, la priorité est donnée
à la croissance des entreprises de taille intermédiaire.
Pour illustrer l'importance de leur développement au sein du
tissu d'entreprises français, les auteurs du rapport du Conseil
d'analyse économique ont identifié trois profils d’entreprises
:
> les "éléphants" représentés
par quelques grandes entreprises du CAC 40, souvent leaders sur le marché
mondial, mais très peu créatrices d’emplois du fait
de l'externalisation de leur activité,
> les "souris" qui regroupent
les quelques deux millions de très petites entreprises, qui comptent
de 0 à 20 salariés et qui embauchent peu,
> entre les deux, on trouve les "gazelles"
qui symbolisent les entreprises de taille moyenne (de 20 à 250
salariés), disposant d’un fort potentiel de croissance
et susceptibles de devenir de grosses PME, si les conditions leur sont
favorables : elles sont souvent innovantes, exportatrices et ont un
effet majeur sur l’emploi.
Ce constat renforce la mobilisation particulière des pouvoirs
publics, dont le but est de faciliter le développement des petites
entreprises dont émergerait un tissu d’entreprises moyennes
plus dense, créatrices d'emploi et porteuses de croissance.
Ainsi, en 2006, une nouvelle étape
est amorcée dans cette dynamique en faveur des PME, avec le lancement
des "Programmes
croissance PME", dont l’objectif est de doubler en cinq
ans le nombre d’entreprises de plus de 250 salariés, pour
atteindre le nombre de 10.000.
Chacun de ces programmes correspond à un enjeu déterminant
pour favoriser le développement des entreprises de taille intermédiaire
: le financement, l’acquisition de compétences et de technologies,
la conquête de nouveaux marchés, la croissance externe,
la détection et l’accompagnement des entreprises de croissance,
etc.
Au nombre de cinq, ces programmes se déclinent de la façon
suivante :
> Le volet "Compétitivité
et performance" doit permettre aux PME de protéger
leurs innovations, d’accéder à l’économie
numérique et de bénéficier des compétences
d’étudiants de haut niveau.
> Le volet "De nouveaux marchés
pour les PME" a pour objectif d’accompagner les entreprises
vers les marchés étrangers par la création de 1.000
groupements
de PME à l’export. Ces groupements doivent notamment
permettre aux entreprises de mutualiser les frais de prospection commerciale.
Pour les entreprises qui en sont membres, la démarche d'exportation
est facilitée, plus sûre, et moins coûteuse. Ce programme
prévoit également l’orientation des entreprises
vers le commerce en ligne par le recours à 1.000 webmasters et
vers les marchés grands comptes, notamment dans le cadre du Pacte
PME. En signant ce Pacte, les grands comptes publics ou privés
s’engagent à renforcer leurs relations avec les meilleures
PME innovantes.
> Le volet "Gazelles"
vise à identifier et accompagner les projets d’entreprise
à très haut potentiel. Les 2.000 entreprises déjà
sélectionnées et labellisées "Gazelles
2005" comptent 5 à 250 salariés, elles se distinguent
par une progression de leur activité de plus de 34% et une augmentation
de leur masse salariale d'au moins 15% sur deux ans. Ce programme vise
également à favoriser l’émergence de gazelles
par essaimage depuis les grandes entreprises. En 2007, pour accompagner
la croissance de ces sociétés, un nouveau statut de la
"PME de croissance" est créé. Ce statut présenté
dans le cadre du projet
de loi de finances 2007 est défini dans l'article 13 de la
loi de finances pour 2007. Il permet aux entreprises labellisées
de bénéficier dès 2007 d’un gel de l’impôt
sur les sociétés pendant la période de croissance,
d’un report d'un an du paiement des cotisations patronales des
salariés nouvellement embauchés, et du remboursement anticipé
du crédit d'impôt recherche pour les entreprises qui en
bénéficient. Le but étant d’inciter les entrepreneurs
à réinvestir leurs bénéfices dans leur société
et à créer des emplois.
> Le volet "Financement de la croissance"
consiste à développer un réseau d’investisseurs
de proximité, les "business
angels", susceptibles d’apporter des financements et
de faire bénéficier les PME de leur expérience.
Il prévoit la levée de deux milliards d’euros sur
les marchés financiers pour les investir dans les entreprises
innovantes.
> Le volet "Croissance externe et transmission"
vise à favoriser la croissance externe et la transmission
des entreprises, dans les filières où le besoin de concentration
est particulièrement évident, par la conception de cartographies
sectorielles réalisées par des intermédiaires mandatés
pour favoriser le rapprochement des PME. Ce programme devrait également
permettre de faciliter la transmission de 5.000 entreprises de taille
moyenne.
Parallèlement, le soutien aux exportateurs français a été renforcé en direction de marchés à fort potentiel, sur lesquels les entreprises françaises sont jusqu’à présent insuffisamment présentes. En 2004, seules 92.500 PME exportaient, dont la moitié de façon occasionnelle. Les raisons invoquées sont un manque d’information sur les marchés étrangers et sur les soutiens dont elles peuvent disposer, les difficultés d’accès aux financements bancaires et les compétences limitées au sein de l’entreprise pour exporter. Le dispositif "Cap export" cible donc particulièrement les PME et consiste à mobiliser les moyens sur les outils les plus incitatifs pour favoriser le développement des PME à l'exportation. Ce dispositif de soutien plus simple, plus lisible et plus efficace vise trois objectifs : favoriser l'emploi à l'export (en particulier des jeunes), conquérir des marchés à l'étranger et "jouer collectif" à l'export, en développant notamment les opérations de parrainage.
Au niveau européen, la politique en
faveur des PME connaît également un nouvel
élan. Depuis 2000, la Charte
européenne des petites entreprises fournit une ligne de conduite
visant à aider les pays signataires à prendre des mesures
de soutien aux petites entreprises. Dans ce cadre, la Commission a présenté,
le 10 novembre 2005, une nouvelle
politique pour les PME. Elle prévoit de simplifier l'environnement
réglementaire, faciliter l'accès aux financements et aux
marchés, améliorer le potentiel d'innovation. Elle met
plus particulièrement l'accent sur une consultation et une coopération
plus systématiques avec les parties prenantes des PME, afin de
les impliquer dans le processus d'élaboration des politiques.
Ainsi, interrogées par le réseau des Euro info centres,
un panel de près de 500 PME françaises participeront à
l’élaboration des politiques communautaires les concernant.
L’opération est dénommée "Panel
PME". L'ensemble de cette politique vient en application du
Programme
de Lisbonne visant à stimuler la croissance économique,
la compétitivité et la création d'emplois.
Par ailleurs, l'OCDE a organisé en juin 2000 à Bologne,
la première grande conférence internationale sur le thème
des PME dans l'économie mondiale. A l'issue de celle-ci, la Charte
de Bologne a été adoptée. Elle fournit un cadre
de référence aux pays désireux d'accroître
l'efficacité de leur politique destinée à favoriser
le développement et la compétitivité des PME, que
ce soit au niveau local, national ou international.
Réalisé le 11/07/2006 - Mis à jour le 29/01/2008
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