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Synthèses de presse électroniques, ces produits documentaires
ne peuvent pas être confondus avec des positions officielles de
l'administration.
Pour toute remarque, vous pouvez nous contacter à l'adresse suivante
: cedef@finances.gouv.fr
On donne plusieurs explications relatives à l'étymologie du terme "phishing". Une des hypothèses les plus souvent avancées est qu'il s'agit de la contraction des termes anglais fishing (pêcher) et phreaking (piratage des centraux téléphoniques). Il pourrait également s'agir des mots password et fishing, ou tout simplement d'un dérivé de ce dernier terme. En tout état de cause, la notion de fishing, "pêcher", est au coeur de cette nouvelle forme de fraude informatique. Une des traductions francophone de cette technique, hameçonnage, y fait d'ailleurs référence.
En pratique, il s'agit de récupérer des données
personnelles sensibles (données nominatives, bancaires, professionnelles,
mots de passe...) sur internet. Le moyen utilisé est l'usurpation
d'identité, adaptée au support numérique. L'escroquerie
repose le plus fréquemment sur la contrefaçon d'un site
internet (celui d'une banque ou d'un marchand en ligne). Des courriers
électroniques sont ensuite massivement envoyés aux internautes
pour les inciter à se rendre sur cette page, généralement
pour y renseigner un formulaire avec des informations sensibles. Ces
dernières sont ensuite récupérées par les
phishers. Pendant toute la procédure, la victime croit avoir
à faire au site officiel d'un opérateur qu'elle connaît.
L'Anti-Phishing Working Group (APWG, une association de lutte regroupant des industriels et des agences gouvernementales) recense mensuellement, à partir des déclarations faites sur son site internet, le nombre d'attaques de phishing. En novembre 2005, on en dénombre ainsi 16 882. Il apparaît également que plus de 90 marques ou noms déposés ont été piratés dans le cadre de ces escroqueries. C'est le secteur bancaire et financier qui est le plus touché (à 90%), loin devant les sites de commerce en ligne. L'APWG note dans son rapport de novembre qu'un des phishings qui lui a été signalés utilisait le nom de l'Internal Revenue Service (service de recouvrement des impôts américain).
C'est aux Etats-Unis que les attaques sont proportionnellement les
plus nombreuses, suivent la Corée du sud, la Chine, l'Allemagne
et le Royaume-Uni. Pour l'instant, la France semble relativement épargnée
mais de plus en plus d'établissements financiers et d'internautes
français sont victimes de phishing. Ainsi, le Crédit Lyonnais,
la BRED et la Société Générale ont déjà
été concernés par ce type d'attaque.
D'après Benoît Tabaka, juriste et chargé de mission
au Forum des droits sur l'internet, "Le phishing en France
est quelque chose de moins en moins marginal. La Befti (Brigade d'enquêtes
sur les fraudes aux technologies de l'information) nous explique qu'elle
y consacre entre 15% et 20% de ses activités. Les principales
escroqueries concernent les fournisseurs d'accès internet et
les services bancaires." (cité in Première
condamnation en France pour escroquerie par "phishing",
Zdnet, 27/01/2005).
Au début du mois de février 2006, LCL-Le Crédit
Lyonnais a été victime d'une attaque de ce type qui, même
si aucun préjudice n'a été constaté, l'a
obligé à interrompre les transactions sur son site internet
pendant 24 heures. De manière particulièrement retorse,
les courriers électronique utilisés dans ce cas précis
font référence au phishing et aux moyens de s'en prémunir
! cf. exemple
de message sur le site de LCL.
Fin mars 2006, c'est une attaque massive qui a concerné trois
établissement français : BNP Paribas, la Société
Générale et encore une fois LCL-Le Crédit Lyonnais.
Aucun préjudice n'a été constaté, les clients
s'étant méfié des courriels malicieux. Cependant,
ces derniers sont de plus en plus sophistiqués, dans leur présentation
et leur rédaction, ils ressemblent beaucoup à des courriers
officiels.
Face au développement du phishing, les états se sont dotés d'un arsenal législatif spécifique. Ainsi, le président des Etats-Unis a signé le 16 juin 2005 un texte de loi nommé "Identity Theft Penalty Enhancement Act" et qui vise à alourdir la durée d'emprisonnement infligée à l'encontre des voleurs d'identité numérique. Voir le communiqué de presse sur le site de la Maison Blanche.
De même, au Royaume Uni, le gouvernement entend durcir les textes punissant les fraudes en incluant des dispositions spécifiques aux escroqueries perpétrées sur internet. Le texte prévoit ainsi la possibilité de poursuivre les phishers dés l'envoi des e-mails malicieux (et non plus seulement après que des fonds ont été détournés).
En France, d'après l'avocate Natacha Martin, la jurisprudence concernant le phishing est encore "embryonnaire. Néanmoins, les décisions laissent apparaître trois qualifications possibles pour le phishing : la contrefaçon de droits de la propriété intellectuelle, l'escroquerie ou encore les délits d'atteinte à un système de traitement automatisé de données." (cité in Phishing : what's happening ? Quelles solutions juridiques pour lutter contre le phishing ?). Considérant que l'état actuel du droit était insuffisant pour protéger intégralement les internautes, M. Michel Dreyfus-Schmidt, sénateur, a déposé le 4 juillet 2005 une proposition de loi "tendant à la pénalisation de l'usurpation d'identité numérique sur les réseaux informatiques". Elle vise à ajouter au code pénal un article 323-8 ainsi rédigé : "Est puni d'une année d'emprisonnement et de 15 000 euros d'amende, le fait d'usurper sur tout réseau informatique de communication l'identité d'un particulier, d'une entreprise ou d'une autorité publique. Les peines prononcées se cumulent, sans possibilité de confusion, avec celles qui auront été prononcées pour l'infraction à l'occasion de laquelle l'usurpation
Au-delà des dispositions législatives et réglementaires, la lutte contre les escroqueries de type phishing requiert que les internautes soient sensibilisés à ce problème et apprennent à s'en défendre. Les initiatives pédagogiques émanent des secteurs publics et privés. En France, il existe le site Protège ton Ordi, à destination des plus jeunes. Le site internet de la banque LCL offre également des informations relatives au phishing et aux moyens de s'en prémunir.
D'autre part, les outils de messagerie commencent à intégrer
des fonctions anti-phishing. Ainsi, la version 1.5 du logiciel libre
Thunderbird inclut une fonctionnalité de ce type : "La
solution de Thunderbird 1.5 est de comparer un lien présent dans
un message avec le véritable nom de domaine auquel il renvoie.
Si, par exemple, l'intitulé du lien est "societegenerale.fr"
mais que le nom de domaine est "pirate123321.com", l'application
estimera qu'il n'y a aucune corrélation et affichera le message
suivant : "Thunderbird pense que ce message est peut-être
frauduleux". L'utilisateur est ainsi mis en garde." (cité
dans Thunderbird 1.5 doté d'une fonction "anti-phishing",
Christophe Guillemin, Zdnet,
13/01/2006).
De même, la dernière version du navigateur Internet Explorer
7 pour Windows XP intègre un filtre anti-phishing : La
première version grand public d'Internet Explorer 7 disponible,
Christophe Guillemin, Zdnet,
01/02/2006. Par ailleurs, l'entreprise Microsoft s'est engagée
dans un programme mondial contre le phishing. Dans le cadre de ce projet
baptisé Global
Phishing Enforcement Initiative, Microsoft a déjà
déposé plusieurs plaintes dans de nombreux pays en vue
de faire fermer les sites frauduleux liès à ce type d'escroquerie.
cf. Microsoft frappe fort contre les auteurs de phishing,
Tom Sanders, VNUnet,
21/03/2006.
L'enjeu essentiel concerne la confiance des internautes envers les services offerts sur internet. L'accroissement d'escroqueries comme le phishing peut freiner le développement du commerce électronique et la dématérialisation des échanges de données entre l'administration et le citoyen si ce dernier redoute le détournement de ses informations confidentielles.
Le principe à la base du phishing, l'usurpation d'identité, ne se limite pas à la contrefaçon de sites internet associée à l'envoi de courriels malicieux. On a ainsi pu constater des attaques sous forme de :
- Vol de sessions ou attaques XSS (Cross site scripting)
Le pirate informatique se sert du serveur légitime d'un site
internet sujet aux failles XSS. Il s'agit ici d'attaquer directement
le serveur en y introduisant un code HTML malicieux, une fois exécuté
par l'internaute, ce code peut avoir toutes sortes d'effets : afficher
du contenu, rediriger l'utilisateur, servir à détourner
des informations confidentielles...
Voir le détail de ce type d'attaques sur CommentCaMarche.net
- Fausse barre Google
Des liens hypertextes se sont propagées sur les logiciels de
messageries instantanées incitant à télécharger
une version de la barre Google (un module du moteur de recherche qui
se greffe au navigateur). Cependant, cette fausse barre héberge
en réalité un logiciel espion nommé CoolWebSearch,
qui tente de récupérer des informations sensibles sur
l'ordinateur où elle a été installée. Il
s'agit là encore d'un cas d'usurpation d'identité visant
à détourner des informations sensibles.
cf. La barre Google exploitée sous une nouvelle forme
de phishing, Christophe Lagane, VNUnet,
07/10/2005.
- Les Keyloggers ou "enregistreur de frappe"
Les keyloggers sont des logiciels d'enregistrement de frappe, ils permettent
de repérer une séquence de touches frappées sur
un clavier piraté. Une fois installés subrepticement sur
le poste d'un internaute, à la manière d'un vers ou d'un
virus, ils permettent de récupérer login et mots de passe
associés afin de les réutiliser à des fins délictueuses.
Cf. : Phishing : la mode est aux keyloggers,
Iain Thomson, VNUnet.fr,
09/05/2005
Phishing : what's happening ? Quelles solutions
juridiques pour lutter contre le phishing ?
Natacha Martin, Expertises des systèmes d'information, n°300,
février 2006, p. 65-67
Une nouvelle forme de criminalité informatique
à l'épreuve de la loi : le phishing
Benjamin Amaudric du Chaffaut ; Philippe Limouzin Lamothe, Expertises
des systèmes d'information, n°293, juin 2005, p. 140-144
Sécurité : les attaques liées
au phishing deviennent plus subtiles
Olivier Menager, 01 réseaux, n°154, octobre 2005, p.66
- Anti Phishing
Workgroup
Site officiel de linstance internationale de lutte contre le phishing,
en anglais.
- Clusif
Site du Club de la sécurité des systèmes d'information
français qui publie tous les ans un panorama de la cybercriminalité
qui fait le point sur les nouvelles menaces informatiques.
-
Phishing : l'arnaque puissance Net (dossier Vnunet)
Dossier du magazine en ligne Vnunet.fr ressemblant de nombreux articles
relatifs au phishing et aux moyens de s'en prémunir.
- Ce
qu'il faut savoir sur le phishing (Microsoft, en français)
Page du site de Microsoft Suisse qui décrit les principes
du phishing et les moyens de protéger son PC.
© Ministère de l'Économie, des finances et de l'industrie - 14 mars 2006 - Maj : 24/03/06
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