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Le web 2.0

Les synthèses documentaires du Cedef ne peuvent être confondues avec des positions officielles de l'administration. Pour nous faire part de vos commentaires, contactez-nous : cedef@finances.gouv.fr

Définition

Le concept de Web 2.0 est relativement récent et il est sujet à débat. De ce fait, il n'existe pas de définition canonique du terme. Cependant, l'auteur et éditeur Tim O'Reilly a publié en septembre 2005 un article sur son site internet qui liste les principales caractéristiques du Web 2.0. Cet article a été traduit en français.

On retiendra des différentes tentatives de définition les élements suivants récapitulés dans l'article : Web 2.0, la French Touch (Xavier Biseul, Hubert d'Erceville, Olivier Roberget, 01 informatique, 06/10/2006, p. 6-8).

Pour être qualifié de 2.0, un site web doit :


- Être un pur produit web
Plus besoin d'être téléchargé puis installé, le service s'utilise directement en ligne.

- Tirer parti de l'intelligence collective
Les utilisateurs deviennent producteurs de contenu, voire de ressources (bande passante, espace disque). Codéveloppeurs, ils participent à l'amélioration de services en "bêta perpétuelle".

- Capitaliser sur la richesse des données
Elles doivent être uniques et non réplicables. Exemple : la notation des internautes sur DailyMotion.

- S'appuyer sur des technologies souples et interopérables (RSS, Ajax)
Elles autorisent la réutilisation de modules, leur couplage, la syndication de contenu.

- Se libérer du PC
Les applications peuvent être portées sur un assistant personnel, un téléphone mobile, la télévision.

- Voir grand
En se fondant sur le principe qu'il faut non seulement viser le coeur du marché, mais aussi
sa périphérie.

Pour résumer, on peut avancer que l'appellation Web 2.0 est utilisée pour désigner deux aspects de l'évolution d'internet :

- une évolution "sociale" concernant les contenus disponibles sur la toile et la manière de les appréhender
- une évolution technique qui se rapporte aux nouvelles architectures et aux moyens de les mettre en oeuvre.

 

Evolutions sociales : le "réseautage" (social networking)

Le partage des informations

Dans un premier temps, les informations et divers éléments diffusées sur Internet émanaient essentiellement d'acteurs institutionnels : entreprises, médias, administration. Dorénavant, les internautes ne sont plus de simples consommateurs de contenus. La familiarité croissante avec le media Internet, la généralisation des connexions à haut débit ainsi que la multiplication des outils de publication "clef en main" (comme les interfaces de blog) expliquent cette évolution.

Désormais, les particuliers peuvent facilement publier de l'information ainsi que des éléments multimédias, images mais aussi vidéo (vidéoblog) et audio (podcast ou balladodiffusion). Par ailleurs, on a assisté à la montée en puissance de sites Internet fondés sur le principe de la collaboration, comme l'encyclopédie participative Wikipedia et ses déclinaisons mondiales. Ainsi, les sites qui mettent en oeuvre ses deux principes connaissent un succès fulgurant, comme les services de partage de vidéos (YouTube, le français DailyMotion) ou d'images (Flickr).

Communautés en ligne : l'exemple de MySpace

Les communautés en ligne sont, à l'instar des blogs, en pleine expansion : MySpace est ainsi devenu un site de référence aux Etats-Unis.

MySpace permet aux internautes de créer une page personnelle facilement, en y intégrant des éléments multimédias. Chaque page intègre des fonctionnalités qui permettent de créer des groupes de participants à MySpace ayant les mêmes goûts. Le principe étant de créer des communautés en fonctions des affinités affichées par chacun. Initialement axé vers la musique et un public plutôt jeune, le site s'est progressivement diversifié et différentes communautés peuvent se créer autour de divers items. MySpace sert encore à des groupes amateurs, mais aussi professionnels, à diffuser leur musique en ligne et à se faire connaître du grand public. Des déclinaisons européennes du site, notamment anglaises et françaises, devraient voir le jour prochainement.

Ces sites mettent en oeuvre le "réseautage social" (ou social networking) : ils permettent la création de réseaux sociaux par des particuliers. Leur immense succès a conduit les sites les plus populaires à être rachetés par des entreprises. Ainsi, Yahoo a acquis Flickr en mars 2005. En juillet de la même année, News Corporation, appartenant au magnat de la presse Rupert Murdoch, a fait l'acquisition de MySpace pour 580 millions de dollars. En octobre 2006, Google a déboursé la somme record de deux milliards de dollars pour racheter YouTube.

La syndication de contenu

La première et la plus importante évolution vers le Web 2.0 concerne la syndication de contenu, en utilisant des protocoles standardisés permettant aux utilisateurs de faire usage des données d'un site dans un autre contexte, allant d'un autre site Web au plug-in d'un navigateur, ou même d'une application de bureau séparée. Cette syndication se fait grâce aux flux RSS et Atom, tous deux liés au langage XML. L'agrégation et la syndication de contenus sont devenus indispensables compte tenu de la multiplication des informations sur internet.

Evolutions techniques : les interfaces riches

Les évolutions en termes d'usage s'accompagnent de changements techniques. Pour Frédéric Bordage : "Tandis que le web 1.0 se caractérise par des silos d'informations emprisonnées dans une couche graphique HTML, le web 2.0 sépare très nettement les données, les services, et les interfaces permettant d'y accéder." (Le point sur... le web 2.0, Frédéric Bordage, Décision informatique, n°676, 8 mai 2006, p. 24-33 ).

Les interfaces graphiques sont désormais "riches" et surtout réactives : l'internaute peut ainsi modifier l'aspect de la page à sa guise en utilisant uniquement sa souris, cf. Netvibes.

Cette transformation se retrouve au niveau des applications qui deviennent accessibles depuis un serveur sans installation sur les postes client. D'après Frédéric Cavazza, un des bloggeurs français impliqué dans la promotion du web 2.0 : "95% des applications peuvent être wébisées, même un traitement de texte ou un tableur." (cité in Web 2.0 : la révolution des interfaces, Le Monde informatique, n°11121, 30 juin 2006, p. 14-18).

Le langage souvent utilisé pour réaliser ces interfaces est Ajax (Asynchronous JavaScript And XML) qui reproduit dans un navigateur une architecture client-serveur traditionnelle en utilisant des bibliothèques de fonctions JavaScript. Ajax est cependant critiqué au niveau de la sécurité informatique (vol de données, sensibilité aux virus, code complexe qui génère des erreurs). Les principes techniques du Web 2.0 seront certainement portés par un autre langage, ou une version future d'Ajax.

Le Web 2.0 français

Les entrepreneurs français n'ont pas loupé le virage du Web 2.0, certains sites sont ainsi devenus des succès à l'échelle internationale. C'est le cas de Netvibes. Ce site propose gratuitement une page entièrement paramétrable "à la souris" (principe du "drag and drop" ou "glisser / déposer") où l'internaute peut fédérer différents flux RSS. Grâce à cette solution souple de personnalisation et d'agrégation de contenus, Netvibes, disponible en plusieurs langues, a dores et déjà attiré plus de 7 millions d'utilisateurs du monde entier.
Son fondateur, Tariq Krim, fait partie des "Personnalités IT 2006" repérées par le magazine ZDNet.

Parmi les autres réalisations françaises du Web 2.0, citons DailyMotion qui, malgré son nom anglo-saxon, est une version française de YouTube, le site de partage de vidéos. Jamendo, qui propose la diffusion gratuite musique en ligne en respectant le droit d'auteur des artistes, invités à partager leurs créations sur le site. Ou encore JobMeeters, un site de recrutement par cooptation.

Par ailleurs, l'internet francophone participe aux diverses réflexions relatives aux évolutions du web. Il existe ainsi une version française de TechCrunch, site dédié à "l'exploration du web 2.0". Les bloggeurs français sont également impliqués dans le phénomène : comme on l'a dit, Frédéric Cavazza est un analyste reconnu des évolutions permanentes du média internet et le site Dessine moi le Web 2.0 est un blog collectif ayant "pour but de présenter le point de vue et la diversité des approches concernant la notion de "web 2.0".

Perspectives

Le Web 2.0 est un concept mouvant et à la mode. Prenant acte des évolutions multiples qu'il recouvre, le magazine Time (Time, december 25 / january 1) a décerné son traditionnel titre de "Personne de l'année" 2006 à tous les "individus qui ont pris le contrôle des médias" (sur internet) dans le cadre d'une "révolution alimentée par l'utilisateur" (user-powered revolution).

Cette effervescence suscite parfois des doutes et des inquiétudes. Le Web 2.0 n'est-il finalement pas qu'un concept marketing ou médiatique sans réel contour ? Plus fondamentalement, n'est-on pas face à une nouvelle "bulle internet" ? Quel est le modèle économique réel du Web 2.0 ?

Dans un article paru dans les Echos, les consultants Gilles Achache et Marc Schwartz apportent une réponse encourageante à ces dernières questions : "Le secret, c'est que le Web 2.0 n'a, en lui-même, pas de modèle économique. Le Web de deuxième génération est un outil qui permet de soutenir, de renouveler ou de consolider des modèles économiques qui lui préexistent". (Web 2.0 ou bulle financière 2.0 ?, Gilles Achache et Marc Schwartz, Les Echos, 24/01/2007).


 

Pour en savoir plus

Articles

 

Web 2.0 en entreprise : un système collaboratif à moindre coût
Annie Lichtner, Indexel, 28/02/2007

 

Web 2.0 ou bulle financière 2.0 ?
Gilles Achache et Marc Schwartz, Les Echos, 24/01/2007

 

Web 2.0 : les internautes aux commandes
Guillaume Devaux, Journal du Net, décembre 2006

 

Web 2.0 : la révolution des interfaces
Le Monde informatique, n°11121, 30/06/2006, p. 14-18

 

Le point sur... le web 2.0
Frédéric Bordage, Décision informatique, n°676, 08/05/2006, p. 24-33

 

Comment se construit le web 2.0
Frédéric Bordage, ZDNet France, 29/03/2006

 

Web 2.0 : la révolution par les usages
Frédéric Cavazza, Journal du Net, 19/12/2005

 

Comment le Web 2.0 donne le contrôle d'Internet à l'utilisateur (dossier)
Anicet Mbida, 01 Informatique, 16/11/2005

 

Ouvrages

Web 2.0, (R)evolutions et nouveaux services d'Internet
Jean-Noël Anderruthy, 2007, éd. ENI (ISBN : 2-7460-3497-2)

 

Bien développer pour le Web 2.0
Christophe Portneuve, 2006, éd. Eyrolles (ISBN : 2-212-12028-1)

 

© Ministère de l'Économie, des finances et de l'industrie - 14 novembre 2006 - Maj : 01/03/2007

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