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Une étude a été menée sur une trentaine d’entreprises, afin de tenter d’identifier, indépendamment des propos des chefs d’entreprise, une typologie de comportement.
Sommaire
2) Méthodologie et résultats bruts
a) Les structures et l’activité
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Multinationales (groupe 1) |
Entreprises de croissance (groupe 2) |
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Age moyen (à compter de la date de création ex nihilo) |
> 30 ans |
8 ans |
|
Entreprises cotées (%) |
100% |
40% |
|
Effectif moyen 1999 |
100 458 |
848 |
|
Chiffre d’affaires moyen 1999 (MdF) |
135 |
0,64 |
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Variation de l’effectif moyen sur la période |
+ 20% sur 10 ans |
+ 272% sur 5 ans |
|
Variation du chiffre d’affaires moy. sur la période |
+ 145% sur 10 ans |
+ 52% sur 5 ans |
Nota : Les chiffres concernant les entreprises de croissance sont affectés d’un effet de structure lié à la forte démographie de ce groupe : chaque naissance d’entreprise en cours de période fait baisser, toutes choses égales par ailleurs, le CA moyen et l’effectif moyen.
Les entreprises du groupe 1 sont des " paquebots " : taille, flux annuels (variations d’emploi) marginaux par rapport aux stocks ; ancienneté (donc structures et habitudes) . La croissance de l’activité est 7 fois plus rapide que celle des effectifs, manifestant (à travers l’externalisation, les gains d’efficacité, l’automatisation) une prégnance de la contrainte de productivité.
Les entreprises du groupe 2, très jeunes, sont des " hors bord " : les flux annuels (variations d’emploi) sont du même ordre de grandeur et souvent supérieurs aux stocks. La croissance des effectifs est 4 fois plus rapide que celle de l’activité, manifestant (à travers une dynamique d’embauche exceptionnelle) une attitude d’anticipation sur l’activité future.
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Multinationales (gr.1) |
Entreprises de croissance (gr.2) |
|
Age moyen des dirigeants |
50 ans |
37 ans |
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Age moyen des salariés |
41 ans |
30 ans |
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Entreprises distribuant des Stock options |
88% |
93% |
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Salariés bénéficiant de Stock options |
1,9% |
82% |
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Rémunération moyenne des dirigeants (hors SO) (MF) |
4,25 |
0,54 |
|
Entreprises dans lesquelles existe au moins un syndicat |
100% |
10% |
|
Indice de présence française à l’étranger * |
0,06 |
0,42 |
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Indice de présence étrangère en France ** |
0,02 |
0,03 |
* L’indice est la moyenne arithmétique des ratios d’expatriation ;Ratio d’expatriation = (pour le groupe 1) cadres français expatriés/effectif total des cadres hors du territoire français ; (pour le groupe 2) employés français expatriés/effectif total hors du territoire français (calculé uniquement pour les entreprises ayant une présence hors de France)
** L’indice est la moyenne arithmétique des ratios d’impatriation ;Ratio d’impatriation = (pour le groupe 1) cadres étrangers employés en France/effectif total des cadres sur le territoire français ; (pour le groupe 2) employés étrangers employés en France /effectif total sur le territoire français
La différenciation entre les deux groupes est extrêmement forte.
Dans le gr. 1, les stock options sont réservées aux cadres supérieurs ; l’échelle des rémunération est très large et les niveaux de rémunération des dirigeants sont élevés ; la répartition rémunération du capital/rémunération du travail s’effectue de manière " classique ", par la négociation salariale, avec les syndicats, pays d’implantation par pays d’implantation.
Le gr. 2 est radicalement différent. Les niveaux de salaire des dirigeants sont bas, et donc l’échelle des salaires très écrasée (logique du " minimum vital "); les stock options sont très largement diffusées, et constituent un élément essentiel de la rémunération. Le travail étant rémunéré principalement par l’attribution de droits sur le revenu du capital, le rapport salarié/employeur se dissout dans une communauté d’intérêt objective. Les syndicats sont quasi absents (y compris dans les entreprises les plus importantes et le plus anciennes).
Par ailleurs, on observe que le développement international s’accompagne d’une présence de Français proportionnellement très forte dans les implantations hors de France (indice 0,42). Cette forte " projection " internationale résulte probablement de plusieurs facteurs convergents : modalités du développement international (implantations ex nihilo ou reprises de très petites structures peu " staffées ") ; jeunesse et donc mobilité personnelle des employés ; faible notoriété initiale des entreprises concernées, qui rend le recrutement local probablement difficile sur des marchés du travail très tendus.
a) Une forte internationalisation du capital, mais sans effet significatif sur la nationalité des administrateurs et mandataires sociaux
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|
Début de période |
Fin de période |
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|
|
Gr. 1 (1990) |
Gr. 2 (1995/99) |
Gr. 1 (2000) |
Gr. 2 (2000) |
|
Part des actionnaires français au capital (moyenne) |
85% |
100% |
57% |
69% |
|
Part des actionnaires non financiers français (industriels, salariés, familles, fondateurs, Etat, fondations...) au capital (moyenne) |
48% |
66% |
36% |
45% |
|
Part des investisseurs financiers au capital (moyenne) |
28% |
35% |
58% |
47% |
|
Entreprises ayant un Président exécutif français |
100% |
100% |
100% |
93% |
|
Entreprises ayant un Président non exécutif français |
89% |
n.s. |
100% |
n.s. |
|
Nombre de Français au Conseil d’administration (sur 10) (moyenne) |
8 |
n.d. |
8 |
n.d. |
On observe (sans surprise !) sur la période une forte internationalisation, et plus encore une financiarisation de l’actionnariat. L’amplitude du mouvement est la plus forte pour les multinationales du gr. 1, mais elle est extrêmement rapide pour les PME du gr. 2.
En revanche, la nationalité des mandataires sociaux et la composition par nationalité des conseils ne sont pas significativement modifiés.
Il n’y a donc pas, sur la période, d’effet de l’internationalisation de l’actionnariat sur la composition des organes sociaux, qui reste française. Conclusion : faible effet descendant de l’internationalisation du capital.
b) Une forte internationalisation des activités et des effectifs qui se diffuse progressivement au management et aux cadres dirigeants
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|
Début de période |
Fin de période |
||
|
|
Gr. 1 (1990) |
Gr. 2 (1995) |
Gr.1 (2000) |
Gr. 2 (2000) |
|
Chiffre d’affaires en France (moyenne) |
45% |
56% |
27% |
47% |
|
Effectifs en France (moyenne) |
48% |
95% |
32% |
81% |
|
Nbre de Français dans l’encadrement supérieur (moyenne) |
91% |
83% |
67% |
76% |
|
Nbre de Français dans l’équipe dirigeante (sur 10) (moyenne) |
9 |
8 |
7 |
7 |
On observe (ce n’est pas non plus une surprise) une forte internationalisation de l’activité. Cette internationalisation impacte la structure des effectifs par nationalité et, c’est l’observation la plus intéressante, se diffuse de bas en haut, en s’atténuant progressivement. La réduction du poids relatif des Français dans les équipes dirigeantes sur la période est nette. Conclusion : fort effet ascendant de l’internationalisation des activités.
c) Une influence croissante des " langages " et des grilles d’analyse anglo-saxonnes
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|
Début période |
Fin période |
||
|
|
Gr. 1 (1990) |
Gr. 2 (1995) |
Gr. 1 (2000) |
Gr. 2 (2000) |
|
Entreprises où la langue française est nécessaire pour les dirigeants |
43% |
57% |
33% |
30% |
|
Entreprises où l’anglais est la langue usuelle en Comité directeur ou équivalent |
12% |
14% |
56% |
75% |
|
Entreprises où l’anglais est langue de travail usuelle dans les échanges internes à l’entreprise (seul ou concurremment au français) |
83% |
14% |
100% |
75% |
|
Entreprises utilisant le référentiel comptable US GAAP en base |
0% |
14% |
44% |
50% |
|
Part des analystes financiers suivant l’entreprise qui se trouvent à Londres ou NY |
0% |
n.s. |
49% |
n.s. |
Langue anglaise bien sûr, mais également référentiel comptable américain et analyse financière anglo-saxonne sont devenus, au cours de la période, les " langages " dans lesquels les entreprises s’expriment. Ceci valorise évidemment les prestataires de services anglo-saxons (banques conseils, cabinets comptables, avocats), qui deviennent de ce fait incontournables. Conclusion : prégnance des normes américaines.
a) Multinationales : déploiement mondial et rationalisation en Europe
1° Tout se passe comme si l’entreprise était passée d’un univers où son marché domestique était la France et ses marchés extérieurs l’Europe, à un univers multi-domestique où chaque continent est " couvert " à partir d’un pôle local, le pôle européen étant la France. Ainsi, on assiste simultanément à un déploiement de fonctions stratégiques hors continent européen (principalement sur le continent américain) (cf tableau T1 ci-dessous), et à un recentrage sur la France des actifs consacrés au marché de l’Union Européenne, au détriment des autres pays de l’Union (cf tableau T2 ci-dessous). Ce dernier point peut sans doute s’analyser, dans un mouvement général de rationalisation des implantations européennes, comme résultant à la fois de choix technico-financiers (avantage, au sein d’un ensemble continental, à la proximité physique : on ferme plutôt les implantations périphériques et on renforce l’implantation historique) ; et d’un comportement, toutes choses égales par ailleurs, de protection des emplois nationaux.
T1
|
Déploiement stratégique hors Europe (monde entier=100%) |
Centres de R&D (Nombre) |
Dépenses R&D (mesurées en F) |
Investissements physiques (mesurés en F) |
Localisation des QG de branches (Nombre) |
Acquisitions (mesurées en F) |
Cotation à New York (en plus d’une cotation à Paris) |
|||||
|
|
UE |
US |
UE |
US |
UE |
US |
UE |
US |
UE |
US |
|
|
Période 90-94 |
97% |
3% |
n.d. |
n.d. |
80% |
12% |
96% |
4% |
75% |
24% |
0% |
|
Période 95-99 |
69% |
28% |
64% |
30% |
65% |
22% |
86% |
12% |
53% |
37% |
34% |
T2
|
Recentrage sur la France en Europe (UE=100%) |
Investissements physiques (mesurés en F) |
Fermetures de sites (mesurées en emplois) |
Acquisitions (mesurées en F) |
Cessions (mesurées en FF) |
Dépenses de R&D (mesurées en F) |
|||||||||
|
|
France |
Reste UE |
France |
Reste UE |
France |
Reste UE |
France |
Reste UE |
France |
Reste UE |
||||
|
Période 90-94 |
40% |
60% |
n.d. |
n.d. |
56% |
44% |
94% |
6% |
n.d. |
n.d. |
||||
|
Période 95-99 |
63% |
37% |
14% |
86% |
58% |
42% |
80% |
20% |
67% |
33% |
||||
2° Parallèlement à cette structuration par pôles continentaux, on assiste à un renforcement des fonctions centrales à vocation " fédératives ", maintenues intégralement en France, comme si les entreprises cherchaient à compenser par une plus forte culture de groupe cet éclatement en pôles continentaux.
|
Direction Générale en France |
Direction financière en France |
Direction commerc. en France |
Direction RH en France |
Accords collectifs d’entrepr. au niveau groupe |
Séminaire annuel des cadres de l’ensemble du groupe |
Fréquence moyenne reporting filiales au siège (/an) |
Gestion de trésorerie centralisée |
|
|
Période 90-94 |
100% |
100% |
100% |
100% |
0% |
60% |
n.d. |
67% |
|
Période 95-99 |
100% |
100% |
100% |
100% |
22% |
78% |
13,3 |
100% |
3° Les entreprises de services financiers constituent une exception, en ce sens que le phénomène de " polarisation continentale " s’effectue, pour ce qui concerne l’Europe, non pas principalement au profit de la France, mais au profit de Londres. Il aurait fallu, pour identifier quantitativement ce phénomène, constituer un échantillon spécifique, ce qui n’a pas été fait dans le cadre de la présenté étude. Cependant, on peut cerner indirectement ce phénomène à travers certains éléments de l’enquête :
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|
Cotation à Londres |
% analystes suivant l’entreprise et basés à Londres |
|
Début période (90) |
28% |
0% |
|
Fin période (2000) |
33% |
39% |
b) Entreprise de croissance : glissement vers l’Amérique et maintien d’un pôle en France
1° Le mouvement est également très visible pour les entreprises de croissance, si l’on retient les critères de lieu de cotation (" là où les entreprises vont chercher leurs capitaux "), de localisation de la recherche-développement (" lieu où les entreprises innovent "), et de localisation des embauches (" lieu où les entreprises produisent "). Il s’agit en l’occurrence d’une bipolarisation (Europe/EU), et, pour le pôle européen, d’un centrage très net sur la France, pays d’origine.
|
|
Cotation (total>100 car multicotations) |
R&D (localisation des principaux centres) (total>100 car plusieurs centres principaux) |
Croissance annuelle moyenne des effectifs (moyenne non pondérée des taux par entreprise) |
Répartition des créations d’emploi hors France (*) |
||||||
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|
Paris |
NY |
Autre |
Fran. |
US |
Autre |
France |
Total |
UE |
hors UE |
|
Début de période (95 ou date de création) |
50% |
50% |
0 |
100% |
0 |
0 |
|
|
|
|
|
Fin de période (2000) |
100% |
50% |
0 |
100% |
30% |
0 |
32% |
139% |
14% |
86% |
(*) Les éléments permettant de servir cette rubrique n’ont été fournis que par 4 entreprises, ce qui rend le résultat peu significatif.
On notera, concernant les introductions en bourse, l’accroissement de la part des entreprises cotées à Paris : il s’agit soit d’entreprises non cotées en 95 et qui se sont introduites pour la première fois à Paris ; soit d’entreprises déjà cotées sur le NASDAQ, et ayant décidé une seconde cotation à Paris. Confirmation, par mouvement dans l’autre sens, de la logique de polarisation continentale : une cotation par continent ; et pour le pôle européen, choix de la France par les entreprises originairement françaises.
2° Ce mouvement de polarisation continentale s’accompagne pour les entreprises de croissance du gr. 2, à la différence des multinationales du gr. 1, d’un glissement des fonctions centrales vers les Etats-Unis.
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|
Siège de la direction Marketing/Développement |
Siège de la Direction générale |
Siège de la Recherche |
|||||
|
|
France |
US |
France |
US |
France |
US |
||
|
Début de période |
100% |
0% |
100% |
0% |
100% |
0% |
||
|
Fin de période |
71% |
31% |
80% |
21% |
100% |
0% |
||
La première fonction centrale délocalisée est le Marketing/Développement ; celle qui résiste le mieux (mieux que la direction générale) est la recherche. Cette différenciation très nette permet de risquer une hypothèse sur les déterminants de ces déplacements : 1) Les clients (le marché directeur étant les Etats-Unis, la stratégie commerciale, la relation client et le développement des produits se déplacent ; suivies de la Direction Générale, qui elle aussi se rapproche du marché directeur) 2) Les compétences (les compétences en matière commerciale, marketing et développement sont aux Etats-Unis ; les compétences scientifiques et technologiques sont suffisantes en Europe).
1° Il ressort tout d’abord de l’étude que les entreprises françaises se comportent effectivement de manière spécifique à l’échelle de l’Union européenne, en ce sens que la mobilité intra européenne est faible - et que bien au contraire, se marque dans les faits une " préférence pour la France ", voire un " recentrage sur la France ", dans les choix positifs comme dans les choix négatifs. Ce constat suffit à caractériser l’existence d’un enjeu réel et majeur de nationalité des entreprises, c’est à dire de création d’entreprises en France, et de maintien de centres de décision français. La seule exception repérée à ce comportement - elle est d’importance ! - concerne le secteur financier, où l’extrême attractivité de Londres constitue un phénomène spécifique.
2° Simultanément, se développe, à l’échelle mondiale, un mouvement très puissant de déplacement du centre de gravité vers les Etats Unis. Progressif pour les grands groupes (naturellement caractérisés par une forte inertie), il est extrêmement rapide pour les PME à forte croissance. Les déterminants de ce mouvement s’avèrent beaucoup plus le poids et le dynamisme du marché américain que le poids des capitaux. Les conséquences en sont, pour les jeunes entreprises en croissance, une perte progressive d’identité européenne (donc française) ; et pour les grands groupes, une situation qu’on pourrait qualifier d’équilibrisme transatlantique, l’ancrage européen (donc français) étant fragilisé par le développement de pôles américains de poids équivalent, par la prégnance des " langages " américains (langue anglaise, normes comptables, analyse financière) et par le biculturalisme des équipes de direction. Même si aucun cas ne s’est encore produit, on peut oser l’hypothèse qu’un " basculement " américain n’est pas impensable.
3°Ceci conduit à identifier un enjeu de dimension continentale: les entreprises ne pourront se créer et/ou rester française que si elles peuvent être européennes - par leur marché d’abord, par leur ancrage juridique ensuite, par leurs capitaux enfin - c’est à dire si l’Union européenne est capable de leur fournir un espace de déploiement continental dont l’homogénéité, la masse et le dynamisme soient comparables à ceux des Etats Unis. Concrètement, au delà de l’acquis majeur que constitue à cet égard l’euro et de la condition sine qua non que représente l’environnement macro-économique, ceci conduit à mettre en avant :
- la promotion concrète, secteur par secteur, du marché unique européen des produits (l’outil le plus opérationnel est sans doute celui des normes techniques) ;
- la structuration d’un marché financier européen " autocentré " ;
- le développement d’un corpus juridique européen (droit du travail, droit de la faillite, droit de la propriété industrielle, droit des sociétés, droit boursier...) ;
- l’ encouragement aux fusions intra-européennes d’entreprises (utilisation pro-active du droit de la concurrence ; gestion des participations publiques ; gestion des politiques d’achat publiques...).
Deux questionnaires ont été élaborés. L’un destiné aux groupes multinationaux (" groupe 1 ") ; l’autre aux entreprises de croissance (" groupe 2 "). Ils ont été complétés :
- par les entreprises elles mêmes directement ;
- à partir d’éléments factuels tirés des entretiens (pour les entreprises dont les chefs d’entreprise ont été interviewés) ;
- à partir de documents publics (rapports annuels, sites web...) ;
- à partir d’informations externes diverses (études, presse, etc...) recoupées ou validées.
Concernant le groupe 2, nous avons bénéficié du précieux appui de l’association Croissance+ (Sylvain Forestier et Anne Christine Carpentier), qui a assuré une diffusion du questionnaire à l’ensemble de ses membres.
Les questionnaires ont été conçus pour tenter de décrire :
- l’évolution de la réalité interne des entreprises (dirigeants, employés, clients, organisation, capitaux, " langages " utilisés, mode de rémunération...)
- le comportement concret des entreprises dans leurs décisions de localisation (localisation des hommes et des fonctions, investissements, R&D, lieux de cotations, etc..)
Pour les entreprises du groupe 2, une mini enquête d’opinion, complémentaire des interviews, a par ailleurs été insérée dans le questionnaire. Elle n’a pas été exploitée dans la mesure où seule une minorité d’entreprise y a répondu, et où surtout les entretiens oraux avec les chefs d’entreprise ont été beaucoup plus riches d’enseignements. On peut toutefois mentionner que 63% des chefs d’entreprise interrogés ont qualifié le régime de BSPCE de " compétitif " (au lieu de 0% pour les stock options) ; et 90% d’entre eux ont fait état de difficultés sérieuses pour pourvoir les postes (dans les petites entreprises, les postes à pourvoir sont parfois en nombre égal à celui des postes pourvus !)
La période couverte commence en 1990 pour les entreprises du groupe 1, en 1995 (ou à la date de création de l’entreprise si celle-ci est postérieure pour les entreprises du groupe 2 ; elle s’achève en 1999-2000.
Les questionnaires utilisés sont joints en annexe au rapport.
La règle fixée avec les entreprises étant de manière générale l’anonymat, les questionnaires complétés ne sont pas joints. La liste des entreprises étudiées est :
- pour le groupe 1 : ACCOR, Alcatel, Alstom, AXA, BNP-Paribas, PPR, Renault, Saint-Gobain, Sanofi-Synthélabo, Thomson Multimedia, TotalFina Elf.
- pour le groupe 2 : Algety Telecom, Black Orange, Business Objects, BVRP, Cosmosbay, D-Interactive, Delia System, Gemplus, Genset, Ilog, Infogrames, Lyon Consultants, Maporama, Right Vision, SLP Infoware.
Les informations recueillies ont été standardisées et saisies sur tableur. Ont été éliminées ou non prises en considération les rubriques pour lesquelles :
- soit le nombre d’occurrences informées était insuffisant ;
- soit la nature des informations recueillies apparaissait non homogène et donc non exploitable quantitativement ;
-soit la dispersion des résultats était telle que la moyenne était manifestement non significative d’une tendance.
Les ratios et moyennes ont été calculées, généralement sans pondération. Compte tenu de l’étroitesse de l’échantillon, l’objectif était non pas de dégager des valeurs significatives statistiquement, mais une typologie de comportement sur l’échantillon (d’où par ailleurs le choix d’éliminer les rubriques à résultats trop dispersés) : les moyennes non pondérées sont apparues le mieux à même de parvenir à ce résultat.
Les tableaux de résultats bruts sont reproduits ci-après.
Explication des rubriques :
- lorsque les fonctions de CEO et de Chairman se confondent (cas le plus fréquent), la ligne a été simplement dupliquée
- M= manager
-EHN= employés de haut niveau
-Fr. expat= Français expatriés
-eff.horsF=: effectifs employés hors du territoire français
- Etr. en F= salariés d’origine étrangère employés par l’entreprise sur le territoire français
- eff. en F=effectifs employés sur le territoire français
|
GROUPE 1 |
|
|
|
Fin |
Début |
|
|
Nationalité du CEO (F...) |
100,0% |
100,0% |
|
Nationalité du Chairman |
100,0% |
88,9% |
|
% Franç au Conseil (%) |
79,4% |
82,3% |
|
% Franç au Comex (%) |
72,4% |
90,0% |
|
% Franç management supérieur (%) |
66,6% |
91,0% |
|
Age moyen management supérieur (N) |
50 |
49 |
|
Age moyen salariés (N) |
41 |
40 |
|
Population "managers" totale (N) |
13360 |
#DIV/0! |
|
dont "managers" en F (N) |
5625 |
#DIV/0! |
|
% F(managers+EHN)/total |
36,0% |
#DIV/0! |
|
Nbre de "managers" franç. hors France (N) |
456 |
#DIV/0! |
|
% franç/managers+EHN h F |
6,1% |
#DIV/0! |
|
Nbre de "managers" étrangers en F (N) |
97 |
#DIV/0! |
|
% étrangers/managers+EHN en F |
2,0% |
#DIV/0! |
|
Population EHN totale (N) |
4897 |
#DIV/0! |
|
dont EHN en F (N) |
2719 |
#DIV/0! |
|
Nbre de EHN franç. hors France (N) |
120 |
#DIV/0! |
|
Nbre de EHN étrangers en F (N) |
55 |
#DIV/0! |
|
Plan de SO (O/N) |
87,5% |
#DIV/0! |
|
Proportion salariés bénéfic. de SO (1) (%) |
1,9% |
0,2% |
|
Proportion salariés bénéfic. de SO (2) (%) |
37,0% |
#DIV/0! |
|
Référentiel salarial (M/L=O) |
100,0% |
100,0% |
|
Plans de prévoyance M&EHN (N,L=O, S,) |
100,0% |
100,0% |
|
Plans de prévoyance salariés (N,L=O,S) |
100,0% |
100,0% |
|
Montant moyen "top 10/30" (MF) |
0 04 |
#DIV/0! |
|
% Capital origine européenne (%) |
25,6% |
10,2% |
|
% Capital origine F (%) |
57,0% |
84,8% |
|
% Capital origine US (%) |
12,1% |
4,6% |
|
% Capital actionnaires non fin. fçais (%) |
36,4% |
47,6% |
|
% Capital actionnaires fin. (%) |
58,4% |
27,6% |
|
Place principale de cotation (P=F, L=O,...) |
88,9% |
100,0% |
|
PP Londres |
|
|
|
Place secondaire de cotation (P=F,L=O) |
66,7% |
28,6% |
|
PS Londres |
|
|
|
PS NY |
33,3% |
0,0% |
|
% transactions sur place principale (%) |
87,9% |
85,8% |
|
% cotation Londres |
33,3% |
28,6% |
|
Dette cotée (O/N) |
33,3% |
11,1% |
|
Place principale de cotation (P=F, L...) |
100,0% |
100,0% |
|
% transactions sur place principale (%) |
77,0% |
45,0% |
|
% analystes basés à Paris (%) |
45,2% |
100,0% |
|
% analystes basés à Londres (%) |
38,9% |
0,0% |
|
% analystes basés à NY (%) |
9,7% |
0,0% |
|
Nationalité du principal banquier (F...) |
80,0% |
100,0% |
|
Nationalité du second banquier (F...) |
80,0% |
100,0% |
|
Pays Siège social (F...) |
100,0% |
77,8% |
|
Pays QG (F...) |
100,0% |
100,0% |
|
Pays Fonction financière (F...) |
100,0% |
100,0% |
|
Pays fonction commerciale/market. (F...) |
100,0% |
100,0% |
|
Pays RH (F...) |
100,0% |
100,0% |
|
Centres R&D en F (%) |
44,1% |
78,0% |
|
Centres R&D en UE hF (%) |
24,7% |
19,3% |
|
Centres R&D aux US (%) |
28,3% |
2,7% |
|
Nbre patrons branches en F (N) |
0 07 |
0 07 |
|
% patrons branche en F |
72,1% |
96,3% |
|
Nbre patrons branches en UE hors F (N) |
0 01 |
000 |
|
% patrons branche en UE hors F |
13,7% |
0,0% |
|
Nbre patrons branches aux US (N) |
0 01 |
000 |
|
% patrons branche aux US |
12,4% |
3,7% |
|
Nbre patrons branches ailleurs (N) |
000 |
000 |
|
CE Groupe (O/N) |
88,9% |
0,0% |
|
Fréquence réunions (N/an) |
0 02 |
#DIV/0! |
|
Négociation collective Groupe (O/N) |
22,2% |
0,0% |
|
Accords collectifs Groupe (O/N) |
22,2% |
0,0% |
|
Langue franç. requise (management) (O/N) |
33,3% |
42,9% |
|
Langue Conseil (F,A...) |
88,9% |
85,7% |
|
Langue Comex (F, A...) |
44,4% |
77,8% |
|
Langue pour réunions, notes.. (F, A...) |
0,0% |
16,7% |
|
Langue documents formels (F,A...) |
0,0% |
16,7% |
|
Reporting (U=O,D) |
88,9% |
#DIV/0! |
|
Fréquence reporting (/an) |
01 3 |
#DIV/0! |
|
Séminaires cadres groupe (O/N) |
77,8% |
60,0% |
|
Fréquence séminaires (/an) |
0 01 |
#DIV/0! |
|
Lieu séminaires (F, V...) |
28,6% |
#DIV/0! |
|
Gestion Trésorerie (C=O,D...) |
100,0% |
66,7% |
|
Normes comptables (F=F, US, IA...) |
33,3% |
83,3% |
|
Normes comptables (US=O) |
44,4% |
0,0% |
|
CA Groupe (MdF) |
135 |
55 |
|
CA en F (%) |
26,9% |
45,3% |
|
CA en UE hors F (%) |
29,8% |
29,7% |
|
CA US (%) |
20,5% |
12,0% |
|
Effectif Groupe (N) |
100458 |
83565 |
|
dont production (N) |
41266 |
#DIV/0! |
|
Effectif F (N) |
31202 |
37540 |
|
dont production (N) |
8281 |
#DIV/0! |
|
% effectifs F/total |
31,7% |
48,3% |
|
Effectif UE hors F(N) |
29334 |
27449 |
|
dont production (N) |
7814 |
#DIV/0! |
|
% effectifs UE hF/total |
27,8% |
30,8% |
|
Effectif US (N) |
13500 |
1700 |
|
dont production (N) |
1927 |
#DIV/0! |
|
% effectifs US/total |
12,6% |
2,9% |
|
Nbre Centres de production (N) |
05 9 |
#DIV/0! |
|
dont F (N) |
01 5 |
#DIV/0! |
|
dont F (%) |
26,7% |
#DIV/0! |
|
dont UE hors F (N) |
01 8 |
#DIV/0! |
|
dont UE hors F (%) |
25,9% |
#DIV/0! |
|
dont US (N) |
0 03 |
#DIV/0! |
|
dont US (%) |
7,1% |
#DIV/0! |
|
dont autres (N) |
02 4 |
#DIV/0! |
|
dont autres (%) |
40,3% |
#DIV/0! |
|
Investissements physiques (F): |
|
|
|
en F(%) |
41,0% |
31,5% |
|
en UE hors F (%) |
23,5% |
48,0% |
|
aux US (%) |
21,5% |
11,5% |
|
autres (%) |
14,0% |
9,0% |
|
Désinvestissements (emplois suppr. ): |
|
|
|
en F(%) |
9,0% |
#DIV/0! |
|
en UE hors F (%) |
56,0% |
#DIV/0! |
|
aux US (%) |
10,3% |
#DIV/0! |
|
autres (%) |
24,7% |
#DIV/0! |
|
Acquisitions: |
|
|
|
en F(%) |
31,3% |
41,5% |
|
en UE hors F (%) |
22,0% |
33,0% |
|
aux US (%) |
36,5% |
24,0% |
|
autres (%) |
10,3% |
1,5% |
|
Cessions |
|
|
|
en F(%) |
59,0% |
93,5% |
|
en UE hors F (%) |
14,5% |
6,5% |
|
aux US (%) |
24,0% |
0,0% |
|
autres (%) |
2,5% |
0,0% |
|
Investissements R&D |
|
|
|
en F(%) |
43,0% |
#DIV/0! |
|
en UE hors F (%) |
20,5% |
#DIV/0! |
|
aux US (%) |
29,5% |
#DIV/0! |
|
Groupe 2 |
|
|
|
Fin |
Début |
|
|
Date création (AA) |
1992 |
|
|
Cotation (O/N) |
40% |
|
|
Lieu création auj. (F...) |
50% |
|
|
Lieu cotation auj. (F...) |
63% |
|
|
Nationalité PDG (F...) |
93% |
100% |
|
% franç. dans le Conseil (%) |
66% |
79% |
|
% franç. dans le management sup (%) |
76% |
83% |
|
Age moyen management sup. (N) |
37 |
36 |
|
Age moyen salariés (N) |
30 |
29 |
|
Effectif total (N) |
848 |
228 |
|
Croissance moy. ann. (total) (%) |
139% |
|
|
Effectif en F (N) |
427 |
158 |
|
Eff en F/eff. total |
81% |
95% |
|
Croissance moy. ann.(F) |
32% |
|
|
%F |
81% |
95% |
|
Effectif UE hors F (N) |
53 |
0 |
|
%UE |
5% |
0% |
|
Effectif US |
91 |
0 |
|
%US |
8% |
0% |
|
Total effectif hF |
387 |
56 |
|
%hF |
19% |
5% |
|
Nbre de Franç. hors F (N) |
26 |
6 |
|
%Franç hF/effectif hF |
42% |
|
|
Franç hF (si ratio 25 calculé) |
9% |
|
|
effectif hF (si ratio 25 calculé) |
|
|
|
Nbre d'étrangers en F (N) |
10 |
2 |
|
% étr. en F/effectif F |
3% |
|
|
étr. en F (si ratio 29 calculé) |
2% |
|
|
effectif en F (si ratio 29 calculé) |
|
|
|
Plan de SO (O/N) |
93% |
|
|
Proportion salariés bénéfic. de SO (%) |
82% |
29% |
|
Régime SO franç. compétitif? (O/N) |
0% |
|
|
Où trouve-t-on mieux? (1) (N, US...) |
|
|
|
Où trouve-t-on mieux? (2) (N, US...) |
|
|
|
Régime BSPCE compétitif ? (O/N) |
63% |
|
|
Où trouve-t-on mieux ? (N, US...) |
|
|
|
BSPCE utilisés? (O/N) |
44% |
|
|
Si non, pourquoi ((NE=O), SI...) |
22% |
|
|
Montant moyen "top 10" (KF) |
541 |
|
|
Existe-t-il syndicats (O/N) |
10% |
|
|
Effet 35heures (+/-=O/=) |
56% |
|
|
Difficultés à recruter (B/P/N=O) |
10% |
|
|
Turn over (%) |
7% |
|
|
Postes à pourvoir F (N) |
24 |
|
|
% postes à pourvoir F |
81% |
|
|
Postes à pourvoir hF (N) |
8 |
|
|
% postes à pourvoir hF |
19% |
|
|
% vacant/existant |
107% |
|
|
Difficultés pour attirer étrangers en F (O/N) |
43% |
|
|
Départs pour l'étranger (O/N) |
29% |
|
|
% Capital origine UE hF (%) |
5% |
0% |
|
% Capital origine F (%) |
69% |
100% |
|
% Capital Fondateurs+salariés (%) |
45% |
66% |
|
% Capital VC/institutionnels |
47% |
35% |
|
Place principale de cotation (P=O,L,N,F.) |
50% |
50% |
|
Place secondaire de cotation (P=O,L,N,F) |
50% |
0% |
|
% cotation à NY |
50% |
50% |
|
Pays Siège social (F...) |
93% |
100% |
|
Pays QG (F...) |
80% |
100% |
|
Pays Commercial/Marketing (F...) |
71% |
100% |
|
Pays R&D n°1 (F, US=O...) |
100% |
100% |
|
Pays R&D n°2 (F,US=O...) |
30% |
0% |
|
Langue franç. requise (management) (O/N) |
30% |
57% |
|
Langue utilisée entre les dirigeants (F,A...) |
25% |
86% |
|
Langue pour réunions, notes.. (F, A...) |
23% |
86% |
|
Normes comptables (F, US, IA...) |
50% |
86% |
|
CA Groupe (MF) |
636 |
419 |
|
CA en F (%) |
47% |
56% |
|
CA en UE hF (%) |
24% |
27% |
|
CA US (%) |
22% |
21% |
|
% création d'emplois en F (%) |
66% |
|
|
% création d'emplois UE hors F (%) |
17% |
|
|
% création d'emplois US |
5% |
|
|
% autres créations d'emplois |
11% |
|
|
Facteur création d'emploi hF (1) (M, F...) |
|
|
|
Facteur création d'emploi hF (2) (M, F...) |
|
|
|
% investissements internes en F (%) |
100% |
|
|
% investissements internes aux US (%) |
0% |
|
|
% investissements interne UE hors F (%) |
0% |
|
|
% acquisitions en F (%) |
75% |
|
|
% acquisitions aux US (%) |
25% |
|
|
% acquisitions UE hors F (%) |
0% |
|
© Ministère de l'Économie, des Finances et de l'Industrie, 12/2000